Manifestation non autorisée devant le ministère de la Justice place Vendôme, mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles, le 8 juin 2026 à Paris ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )
La réalisatrice Andrea Bescond, interpellée lundi lors d'un rassemblement devant le ministère de la Justice pour dénoncer des défaillances judiciaires dans les affaires de pédocriminalité après le meurtre de la petite Lyhanna, a dénoncé mardi "douze heures de détention arbitraire", dans un communiqué de ses avocates transmis à l'AFP.
Durant cette garde à vue, "elle n'aura jamais été auditionnée, ni examinée par un médecin, ni même assistée d'un avocat", ont fustigé Mes Gwendoline Tenier et Marie Grimaud, affirmant n'avoir pu échanger avec elle qu'à sa sortie.
Cette figure de la lutte contre les violences faites aux enfants, cinéaste autrice des "Chatouilles", très présente sur les réseaux sociaux, avait appelé à ce rassemblement place Vendôme contre "l'injustice de trop".
Placée en garde à vue lundi soir, elle a été libérée mardi matin.
Le parquet, sollicité par l'AFP, a rappelé que le placement en garde à vue était "une décision" de l'officier de police judiciaire, dont le parquet était informé pour "contrôler la régularité".
Dans ce cas, il a indiqué avoir, dès qu'il en avait été avisé par les services de police, "immédiatement" levé la garde à vue, puis classé la procédure car les poursuites "ne paraissai(ent) pas proportionnées".
Andrea Bescond a raconté à ses avocates avoir été "menottée, malmenée, soumise à plusieurs palpations de sécurité et intimidée".
Elle a été "détenue dans un commissariat de police parisien sans que ne lui soient jamais notifiés les motifs et le cadre précis de la mesure dont elle faisait l’objet, la qualification pénale retenue à son encontre, ni les droits attachés à cette mesure", ont affirmé ses conseils.
La réalisatrice Andrea Bescond, le 16 mai 2024 à Cannes ( AFP / Julie SEBADELHA )
Andrea Bescond leur a aussi assuré avoir demandé aux policiers de joindre son avocate, afin d'être assistée en garde à vue, en vain.
"Nous dénonçons fermement cette mesure de détention arbitraire subie par notre cliente en violation manifeste de tout cadre légal", ont insisté Mes Tenier et Grimaud.
"Un tel zèle de l'institution policière et judiciaire inquiète et ne peut que susciter une très vive émotion chez l’ensemble des enfants, des femmes et des hommes venus exprimer partout en France leur colère et leur incompréhension face à l’inertie de la Justice dans les dossiers de pédocriminalité", ont poursuivi les avocates.
La manifestation devant le ministère de la Justice avait été interdite par la préfecture de police (PP) qui avait proposé aux organisateurs un autre lieu, à savoir la place Lépine, devant la cour d'appel de Paris.
Il y a eu au final deux rassemblements à Paris - un place Vendôme et un place Lépine - qui ont réuni au total 2.900 personnes, selon la PP.
Plus de 60.000 personnes ont manifesté lundi soir en France pour exprimer leur colère après le meurtre de la collégienne de 11 ans, Lyhanna, pour lequel un homme visé par plusieurs plaintes pour viol est mis en cause.

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